Louis Buton et Paul Perraudeau racontent ce qui s’est passé le 11 août 1943 :

Ce groupe comprenait, une douzaine d’hommes : EugèneGautreau, Henri Poizac, Aristide Chauvin, Jacques Buton, Paul Roux, Edmond Mechineau, Emmanuel Gendre, Maurice Gendreau, la famille Perrocheau – Doucet de la Brionnière, et le Docteur Vicq. Celui-ci s’était engagé pour apporter toute son aide en cas de besoin et avait déjà effectué de nombreuses missions de renseignements concernant les  mouvements de troupe, le plan d’organisation de défense allemande, la présence d’état-major, l’existence d’ un poste radio émetteur. C’est à partir du 15 MAI 1943 que ce groupe de renseignements fut   transformé en groupe militaire pour lequel des armes et des explosifs étaient nécessaires. Les liaisons avec le groupe régional de la Roche-sur-Yon se multiplièrent. Le gouvernement Français de Londres avisé de notre existence, l’envoi d’armes fut décidé, Le Il août à 20 heures donc, le message fut diffusé et chacun d’entre nous devait se rendre au poste désigné. Nous étions assistés de 5 camarades de la Roche-sur-Yon, Marcetteau, Anonnier, Roux, Birot, Momet. Ce lieu de parachutage, qui n’était à l’époque qu ‘ un terrain vague bordant un chemin de terre éloigné de tout mais dont le plan avait été transmis, devait être balisé avec des feux et un signal en morse, afin de mettre en relation les hommes à terre avec l’avion. Aux environs de minuit, un ronronnement bien connu se fit entendre. Il était l’heure de se mettre en place, éclairer le champ, signaler notre présence. Les coeurs battaient fort dans les poitrines. Comment cela allait-il se passer? Le bruit s’ approche, s’éloigne. Y aurait-il erreur? Et serait-ce un avion  allemand. Eteignons les feux … non … l’avion revient, se rapproche. Rallumons nos feux, composons nos signaux … Le voilà. L’avion répond par un signal lumineux Il tourne, prend le vent, descend toujours et voilà la carlingue qui s’ ouvre. Les containers suspendus aux parachutes descendent vers vous. Combien y en a-t-il ?.. 15. Ils sont tous là. Un petit signal lumineux dans le ciel et l’avion disparaît. Il faut maintenant récupérer ces containers. Ils pèsent 200 kgs chacun. Trois tonnes d’armes sont à notre disposition. Mais il faut les camoufler. Des boeufs sont liés et attelés à une charrette et le transport s’effectue dans un petit bois proche, en attendant leur répartition. Certains cylindres sont enterrés. Il est temps d’avoir terminé. Le jour se lève. Il faut rentrer chez soi, par des chemins différents, bien sûr. Les oreilles nous bourdonnent encore. Nous apercevons à peine, que nous avons passé une nuit blanche. Nous avons chaud au coeur, nous sommes heureux. Mais cette nuit exaltante est immédiatement tachée d’un pincement à la poitrine. Nos camarades de la Roche apprennent à leur arrivée l’arrestation d’Auguste Pêchereau. Il faut se cacher. Partir vers d’autres lieux. Le démantèlement des réseaux est en cours . La Gestapo poursuit son travail de harcèlement après ces terroriste~, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas accepté la présence des bottes nazies, et qui se sont engagés à les chasser de notre sol du pays des droits de l’homme. Malgré les arrestations, les investigations de la Gestapo, les réseaux se reconstituent et fin septembre les liaisons sont reprises – 110- avec nos camarades de la Roche-sur-Yon. Les transports d’armes sont prévus et effectués. Héla:;; le matin du 25 octobre 1943, à 7 heures, une activité anormale a lieu à Aizenay. La Gestapo et la Gendarmerie nazie sont chez Louis Buton, chez Ernest Perraudeau, puis à la Brionnière. C’est la fin des rêves. Nous sommes arrêtés. Qu’allai t -il se passer alors? Clément Perrocheau avait réussi à fuir la ferme. Alfred Doucet était embarqué, sans ménagement. Le calvaire que nous devions subir, la connaissance par le monde des camps de concentration, l’horreur que cette période a suscitée, restent présents à la mémoire de ceux qui ont vécu ces évènements, mais aussi de ceux qui les ont découverts. Nous pensons, sans haine, que toute la jeunesse doit savoir, doit connaître cette page d’histoire. Et des manifestations comme celle-ci serviront à perpétrer le souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie pour la France, la République et la Liberté.

Extrait du livre de Bertrand Illegems « Il s’appelait Big Red »

 

Le bloc de granit qui le compose a été trouvé à la Chapelle-Palluau. Il symbolise « la force et la puissance sortant des profondeurs de la terre, dressé vers l’idéal de vie ». Quant aux chaînes arrachées, elles représentent « le combat pour la libération », en hommage à Louis Buton. Ce membre de la Résistance a organisé le parachutage de 3 tonnes d’armes le 11 août 1943 près de la ferme de la Brionnière.

Fin 1943, il est arrêté avec plusieurs camarades et déporté début 1944 dans les camps de travail forcé. L’un deux, Alfred Doucet est mort en déportation.

Tous les ans, le 11 août, la municipalité organise une manifestation du souvenir.

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